L’omniprésence du débattle à Champigny

Structurer sa pensée, déconstruire les préjugés, développer un esprit critique. Les bienfaits du débattle sont multiples. Inspiré du film The Great Debaters, l’éducateur spécialisé du Point Ecoute Salem ZAIDI, soutenu par Serdac KILIC, responsable du secteur Plateau/Bring et Stephen GRANET, animateur sur le quartier des Mordacs, a mis sur pied le projet il y a six ans, au collège Lucie Aubrac.

L’initiative a rapidement convaincu. Le concept s’est exporté au collège Elsa Triolet en 2014, puis au collège Willy Ronis deux ans plus tard. Preuve de la réussite du débattle, les élèves du lycée Gabriel Péri peuvent s’essayer à cette pratique depuis la rentrée scolaire 2018/2019.

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Avoir de la répartie

Contraction de « débat » et « battle », le débattle est un moment d’interaction où deux antagonistes (un « pour », un « contre ») soumettent leurs idées sur un sujet défini. C’est un échange entre deux parties : les membres du « pour » détaillent leurs arguments, les membres du « contre » doivent contrer l’argumentaire du clan opposé, et vice-versa. C’est un exercice lors duquel chacun doit faire preuve de répartie.

Les spectateurs de la soirée Stand Up organisée le 19 octobre dernier, au Centre Olivier-Messiaen, ont pu s’en apercevoir. Dans le cadre du projet « Champigny, ville de paix », neuf collégiens et lycéens (quatre d’un côté, cinq de l’autre) ont débattu durant vingt minutes, à leur demande, sur la problématique suivante : « Il faut faire la guerre pour avoir la paix ». L’échange s’est avéré vif et constructif pour tou(te)s les participant(e)s.


Affirmer sa personnalité

Pour chaque établissement, le même processus. Mi-octobre, Salem ZAIDI expose la démarche devant six à sept classes de 4e. Suite à cette session informative, les intéressé(e)s ont quinze à vingt jours pour s’inscrire (début novembre dernier délai). Une nouvelle réunion d’information est alors organisée, durant laquelle le porteur du projet explicite davantage l’initiative portant sur deux années scolaires (4e et 3e).

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L’inscription est ouverte à tou(te)s. De l’élève travailleur à l’élève paresseux, de l’extraverti au plus timide, chacun a sa place. Le débattle concerne tout le monde. Surtout, il apporte une réelle plus-value. Les participants prennent conscience de l’importance de leur parole. C’est un moyen d’affirmer sa personnalité et de prendre confiance en soi.

Parmi la quasi-centaine (tous établissements confondus) d’adeptes au projet cette année, 24 étudient à Willy Ronis. Le 11 décembre dernier, 22 élèves se sont réunis au Centre de Documentation et d’Information (CDI) du collège, comme c’est le cas toutes les deux semaines, pour la dernière séance débattle de l’année civile.


Un réel suivi

Pour certains, le débattle n’est que la génèse d’un accompagnement sur le long terme mené par Salem ZAIDI. Après le collège et le lycée, ces « ex-débatteurs » sont restés en contact avec l’éducateur du Point Ecoute afin d’effectuer des actions solidaires (collectes dans les magasins, rangement des affaires récoltées par certaines associations campinoises, etc…). Au total, près d’une trentaine de jeunes ayant participé aux débattles ont accompli ces travaux d’entraide par la suite.