A Champigny, un projet de «remobilisation scolaire» pour les jeunes décrocheurs du lycée Langevin-Wallon

Le 9 juin dernier, un vernissage a été organisé à la Maison pour Tous Youri Gagarine. Une exposition ayant mis à l’honneur treize lycéens de Langevin-Wallon. Le service jeunesse de la ville met tout en oeuvre pour remédier au décrochage scolaire de certains élèves de ce lycée.

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En novembre et en février, un plan de «remobilisation scolaire» a été mené conjointement par le Quai de la Réussite et l’établissement. Le rôle du lycée : repérer les élèves en difficulté, à qui cela pourrait profiter de sortir un peu du milieu scolaire, notamment :

  • ceux qui sont en train de décrocher, de manière active (absences et retards) ou passive (présents en cours sans être motivés, impliqués, résultats en baisse)
  • ceux qui sont perdus dans leur orientation et cherchent une utilité à se rendre à l’école
  • ceux qui n’ont pas confiance en eux, en quelque sorte mis de côté car ils n’ont pas les meilleures notes

La municipalité, elle, part du principe suivant : si un élève ne va pas à l’école, c’est qu’il n’y trouve pas de sens. Le but : redonner du sens à ce que font ces jeunes scolarisés. Après l’enseignement de quatre matières (Maths, Français, Histoire-Géographie, Anglais) par des professeurs volontaires du lycée, dans une classe aménagée de 12 élèves maximum, le service jeunesse prend en charge les étudiants.

 

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Au programme, visites d’entreprises, projets culturels, sport. En novembre 2015 par exemple, il y avait eu un travail autour de la citoyenneté : visite de l’Assemblée Nationale, du Sénat, Bastille, République. Malheureusement, l’initiative avait été arrêtée au bout de 15 jours, après le désistement de plusieurs jeunes.

Des jeunes bien entourés

Mais le service jeunesse a persévéré. En novembre 2016 → 6 élèves ont suivi le projet de trois semaines avec assiduité (7 en février). A noter l’implication d’une professeure d’Arts Appliqués, Madame Assad. Le fil rouge (l’aboutissement du projet) a été la photo et la création de grands panneaux. Les élèves ont choisi un mot et expliqué ce choix à l’aide d’un texte.

Plusieurs enseignantes ont été sollicitées : Madame Assad (Arts Appliqués), Madame Diarra (Français), Madame De Barros et Madame Mounien (Anglais) et Madame Galloni (Mathématiques). Le tout orchestré par le proviseur adjoint du lycée, Julien Haegenauer, en charge du projet.

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Nommé fin août 2016, l’adjoint de la proviseure Catherine Kapfer explique le concept de l’initiative, axée sur la confiance en soi :

«On leur redonne espoir, on leur dit «on va s’occuper de toi, faire un bilan de tes capacités, mais il y a aussi des choses à développer». Les enseignantes ont décidé de faire un portrait chinois. Sur ce portrait chinois, on regarde ce qu’il faut développer. Ensuite, on a mis en place des blocs méthodologiques : méthodologie en Maths, en Anglais, en Français, en Histoire. La confiance en soi, c’est aussi être capable de se montrer. Ils prennent des Snapchat tout le temps, donc ils n’ont pas de problème avec l’image. Ce projet, c’est oser se prendre en photo, se livrer et écrire qui on est. Le plus dur, c’était d’extérioriser. Il y a eu des prises de risques. Cela a été un moment de confiance où ils ont pu oser. Tout n’est pas résolu, mais on a semé quelque chose pour dire «Tu es capable, tu peux le faire».

Une réelle implication 

C’est le cas de Laëticia, 16 ans, à l’époque élève en seconde générale. Elle a participé à la deuxième session, en février.

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Au départ, elle n’était pas emballée par l’idée mais une réunion explicative sur le déroulement du projet l’a convaincue. Laëticia avait décroché scolairement à cause du harcèlement au collège. Le lycée était ensuite devenu une source d’angoisse. Mais le projet lui a redonné confiance en elle.

Après la session, elle a arrêté le cursus général au lycée. Désormais, elle cherche à intégrer une filière technologique et obtenir un Bac pro Métiers de la mode, qui lui permettrait de devenir styliste. Le projet «remobilisation» lui a redonné goût à la scolarité, notamment parce qu’elle s’y est impliquée pleinement, en choisissant le mot «tolérée».

Plusieurs acteurs majeurs du projet ont tenu à prendre la parole lors de l’exposition.

 

Une nouvelle initiative sur le thème du décrochage scolaire devrait être organisée prochainement.

 

Les treize panneaux exposés à la Maison pour Tous Youri Gagarine, le 9 juin dernier :