« Aujourd’hui, en France, seulement 20% des métiers sont mixtes »

Les 72 heures de la mixité professionnelle commencent ce mardi 6 décembre dans le Val-de-Marne. Une multitude d’actions est programmée pour sensibiliser femmes et hommes à cette thématique. Amandine Trizac-Lejemble, responsable de projets à Créations Omnivores nous en dit plus sur les raisons et les enjeux de cet événement piloté par son association.

72 heures de la mixité professionnelle

Pour quelles raisons avez-vous mis en place les 72 heures de la mixité professionnelle ?

Créations Omnivores est une association agréée jeunesse et éducation populaire qui existe depuis plus de vingt ans. Nous proposons un accompagnement vers l’emploi ou l’alternance, avec notamment des ateliers sur le savoir être, l’estime de soi, des simulations d’entretien d’embauche… Dans nos ateliers, dans nos formations, nous rencontrons de nombreux jeunes. Nous avons constaté que les filles s’orientaient souvent vers les mêmes domaines, essentiellement le médicosocial et la petite enfance. Les garçons ont un panel un peu plus large mais toujours limité et principalement centré sur les métiers du BTP, de la mécanique ou les métiers du management. Aujourd’hui, en France, 50 % des emplois occupés par des femmes se concentrent dans dix catégories socioprofessionnelles sur 87. Seulement 20% des métiers sont mixtes. Il faudrait plus d’une centaine d’années pour qu’on atteigne la mixité partout.

Quel est le but de l’événement ?

D’abord, de sensibiliser les jeunes à tous les choix d’orientation qui s’offrent à eux et de déconstruire les idées reçues sur les qualités, les compétences attribuées à tort aux femmes ou aux hommes. Même si les filles réussissent mieux que les garçons, à la fin du lycée elles vont moins s’orienter vers des écoles d’ingénieur, vers des écoles amenant vers des postes à haut salaire. Quant aux garçons, il faut les encourager à écouter d’abord leurs envies, en dehors des stéréotypes qu’on entend un peu partout. Nous souhaitons aussi sensibiliser les professionnels aux stéréotypes de genre qui poussent à penser que les femmes auraient des capacités naturelles à exercer certains métiers, ceux du soin et de la petite enfance, par exemple, et que les hommes auraient d’autres facultés innées, comme celles de savoir gérer une équipe ou manier des outils et des techniques élaborées.

Quelles actions seront proposées au cours de ces trois jours ?

Nous proposons des manifestations pour les jeunes : des débats, des rencontres avec des professionnels, un spectacle de théâtre forum mais aussi des expositions pour rendre la mixité des métiers plus visibles. Par exemple, à Fontenay-sous-Bois, à la Maison du citoyen et de la vie associative, l’exposition « Mixité des métiers au de-là des préjugés ! » montre des hommes et des femmes qui exercent des métiers non habituels pour leur genre.
On organise aussi une table ronde sur la mixité professionnelle dans les secteurs qui recrutent en ce moment : numérique, BTP, transport et métiers du soins. Mais tout commence par réfléchir à nos stéréotypes sexistes. C’est pourquoi mercredi, à 13h45, se tiendra l’atelier Egalité, mixité, rôle et place des stéréotypes, animé par le Centre d’Information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF 94). Il permet de questionner nos stéréotypes : ce qu’on pense du masculin, du féminin, qu’est ce qui nous amène à nous projeter plus dans des métiers que dans d’autres… Ces freins viennent de l’enfance, de l’éducation, de ce que la société nous a imposé.  Cela prend du temps de déconstruire nos stéréotypes, ce n’est pas en une fois qu’on va réussir à tout changer mais d’abord il faut se poser des questions, réfléchir au sujet.

Les 72 heures de la mixité professionnelle, mardi 6, mercredi 7 et jeudi 8 décembre, dans le Val-de-Marne. Pour découvrir le programme et les lieux des rendez-vous, c’est par ici !